Le savoir c'est le pouvoir

Les différences entre endométriose et adénomyose

femme gynécologie adenomyose endometriose

On entend très souvent parler de l’endométriose, mais moins de l’adénomyose. Au programme, nous verrons ensemble les différences et les points communs de ces deux maladie en termes de localisation, d’épistémologie (évolution des noms), de symptologie et de prise en charge.

Localisation

L’endométriose et l’adénomyose ont des similitudes dans leur caractéristiques, ce qui peut expliquer qu’elles aient été pendant longtemps désignées par les mêmes noms. Pourtant, elles vont se différencier par la localisation de leurs lésions :

L’adénomyose se caractérise par la présence anormale de lésions semblables à des cellules de l’endomètre dans le muscle utérin, le myomètre. L’adénomyose reste donc contenue dans l’utérus.

schéma uterus adenomyose maladie gynécologique lésion endomètre myomètre
Schéma comparatif d'un utérus avec et sans adenomyose

L’endométriose se caractérise par la présence anormale de lésions semblables à des cellules de l’endomètre dans la cavité abdominale. Ces lésions vont êtres présentes sur les ovaires (endométriomes), l’utérus, mais également sur le système digestif, le péritoine et plus rarement sur le système urinaire, le diaphragme, les poumons…

schéma uterus endometriose maladie gynécologique lésion abdomen femme
Schéma d'un abdomen avec des lésions d'endométriose

Dans 6 à 20 % des cas, adénomyose et endométriose sont associées : il est donc possible de souffrir des deux pathologies en même temps.

Épistémologie (histoire du nom)

Ces deux pathologies ont des similitudes, au point d’appeler l’adénomyose : une endométriose interne. Pendant plusieurs décennies elles ont portées le même nom. Quelle est l’histoire de ces deux maladies ?

Il existe depuis l’Antiquité une description symptomatologique de ces maladies avec une infertilité et des douleurs abdominales lors des menstruations. C’est en 1860 que le pathologiste Carl von Rokitansky observe des lésions dans le myomètre, pathologie qui sera plus tard appelée adénomyose.

Carl von Rokitansky émet également la supposition qu’il est possible de trouver des lésions sur les ovaires et l’utérus, décrivant l’endométriose. À l’époque, Rokitansky regroupe ces pathologies sous le nom d’«adenomyoma».

Les premières descriptions dans la littérature scientifique des kystes d’endométriose ont lieu à la fin du 19ème siècle, on leur donne déjà à l’époque le nom de « kystes chocolat » ou bien d’ « hématomes de l’ovaire ». La première observation d’un « ovaire contenant de la muqueuse utérine » est publiée par Russel en 1899.

Au début du 20ème siècle, la reconnaissance de ces maladies est toujours faible, les femmes atteintes sont souvent diagnostiquées avec des troubles mentaux. En 1903, Thomas Cullen fait avancer la connaissance de ces maladies en publiant l’observation de 22 cas de personnes atteintes de lésions « d’origine endométriales » dans le bas de l’abdomen.

Cullen est un des premiers à décrire l’envahissement des nerfs pelviens par les lésions, validant le caractère symptomatique douloureux de la maladie. Il a été un des premiers à reconnaître que l’hystérectomie totale n’était pas garante de guérison. En 1908, il publie ses travaux sous le nom d’ « Adénomyomes de l’utérus ».

En 1925, Frankl créé le nom d’adénomyose (« adenomyosis uteri ») pour décrire l’invasion de la muqueuse utérine dans le muscle utérin.

En 1927, Sampson propose le terme d’endométriose pour décrire une migration des cellules de l’endomètre dans la cavité abdominale. Il expose ainsi la Théorie des menstruations rétrogrades expliquant la formation de ces lésions par la présences de cellules de l’endomètre remontant dans les Trompes de Fallope lors des règles.

De nos jours, on ne connaît pas encore l’origine de l’endométriose, même s’il existe plusieurs théories sur le sujet, aucune n’explique parfaitement les différentes lésions.

Symptomatologie

Ces deux maladies vont entrainer pour les femmes touchées une difficulté à tomber enceinte, de la fatigue, des règles hémorragiques ainsi que des douleurs pelviennes et sexuelles importantes. Elles ne touchent cependant pas le même profil de femmes et ont des différences pour certains symptômes.

En général les femmes diagnostiquées avec une endométriose sont :

  • jeunes
  • ont des cycles menstruels courts (> 27 jours)
  • ont des menstruations hémorragiques et longues (> 7 jours)
  • ont commencé leur puberté avant 12 ans
  • ont un historique de cas d’endométriose chez leurs proches (mères, tantes, sœurs…)

Les symptômes avec une endométriose sont :

  • Dysménorrhées : douleurs pendant les règles
  • Dyspareunie : douleurs à la pénétration
  • Dyschésie : difficulté d’aller à la selle et douleurs ainsi que des troubles digestifs
  • Dysuries : douleur à la miction et pollakiurie : une envie d’uriner fréquente.
  • Douleurs pelviennes
  • Douleurs à l’ovulation
  • Infertilité
  • Douleurs neuropathiques
  • fatigue, nausées, et diarrhées, particulièrement pendant les règles

Les femmes diagnostiquées avec une adénomyose sont statistiquement :

  • plus âgées (40 ans ou plus)
  • ont eu un ou plusieurs enfants Les risques d’avoir de l’adénomyose augmentent chez les femmes ayant eut des opérations de l’utérus tel que le curetage biopsique (dilatation de l’orifice du col de l’utérus pour prélever un petit échantillon de tissus de l’endomètre) qui peuvent être accompli dans le cadre d’un diagnostic des lésions touchant l’utérus : polypes de l’utérus, hyperplasie de la muqueuse utérine, cancer de l’utérus ou bien après une fausse-couche.

Les symptômes avec une adénomyose sont :

Inscris-toi à notre

newsletter.

Newsletter

Ou suis-nous sur

Instagram

Instagram

Articles liés